Coup de scialytique sur l’usage unique ep. 1

Tous les mois, nous vous proposons un article pour mettre en lumière les déchets générés au bloc opératoire.
D’où viennent-ils ? Que deviennent-ils ? Quel est le cadre réglementaire, à la fois environnemental et spécifique au secteur sanitaire ?
Nous avons mené l’enquête, et nous vous dévoilons ici nos observations sur la maturité des filières de traitement, la faisabilité opérationnelle de leur mise en œuvre, et nos propositions concrètes basées sur les principes de l’économie circulaire : réduire, réutiliser, recycler.

Episode 1 : Les déchets en métal

Introduction

Les blocs opératoires produisent une quantité importante de déchets métalliques.
Selon les pratiques, notamment le recours aux dispositifs médicaux à usage unique (UU), ces volumes peuvent atteindre jusqu’à 100 kg de déchets métalliques par mois, rien que pour un bloc utilisant des lames de laryngoscope à UU.

Cadre réglementaire

Depuis la loi AGEC, les établissements de santé — comme toute entreprise — sont tenus de trier et collecter séparément certains flux : papier/carton, plastique, verre, bois, textiles, fraction minérale, plâtre, biodéchets… et métaux.

Mais dans un hôpital, les déchets ne sont pas uniquement « recyclables ». Il existe des Déchets d’Activités de Soins à Risques Infectieux (DASRI), soumis à des règles spécifiques.
Ces déchets sont classés DASRI :

  • par nature : objets piquants, coupants, tranchants (OPCT), pièces anatomiques…
  • par origine : objets ayant été en contact avec un.e patient.e présentant un risque infectieux avéré ou possible.

La filière DASRI est destinée à protéger les personnels et patients via une élimination sécurisée (souvent par incinération).
Nous y reviendrons dans un prochain épisode consacré à l’évolution de cette filière. Stay tuned.

Origine et solution

Regardons concrètement ce que sont ces déchets métalliques du bloc issus de l’utilisation de dispositif médicaux à usage unique (UU) durant l’intervention. Nous allons catégoriser les déchets métalliques à usage unique en 3 familles :

  • Les implants défectueux et ou dé-stérilisés
  • Les emballages en métal
  • Les instruments à UU

1. Les emballages métalliques

Origine

Certains dispositifs doivent être conditionnés dans des matériaux spécifiques comme l’aluminium (ex. fils de suture, bouteilles de gaz anesthésiants).
Individuellement minimes, leur usage systématique les rend significatifs à l’échelle d’un bloc.

Recyclage

Bonne nouvelle : le métal se recycle très bien. la filière existe déjà et est mature.
👉 Il faut toutefois organiser le tri, trouver les bons contenants et la bonne localisation des points d’apports. S’il est bien trié, il pourra repartir en sidérurgie pour une énième vie, en canette, en tôle..

Peut-on aller plus loin ?

Encore du teasing 🙂

Comme tous les emballages professionnels (on l’espère), ces emballages seront soumis à une éco contribution (taper REP DEIC sur votre moteur de recherche) qui permettra de systématiser le tri et d’assurer que l’on peut capter le plus déchets pour les recycler plutôt que de les incinérer 

2. Les instruments chirurgicaux à usage unique

Origine

Ces instruments, souvent en inox ou en acier (pinces, lames de laryngoscope…), portent une mention claire “Usage Unique” pour éviter toute confusion.
On y inclut aussi les instruments réutilisables cassés et non réparables.

Pourquoi l’usage unique ?

L’essor de l’usage unique s’explique notamment par les crises sanitaires passées (sang contaminé, Creutzfeldt-Jakob).
Il offre une garantie de stérilité assurée par le fabricant et permet d’éviter tout risque de contamination croisée.

Certains instruments sont UU car :

  • Incompatibles avec les procédés de stérilisation hospitaliers
  • Utilisés dans des spécialités sensibles (ex. ophtalmologie)
  • Plus simples à gérer… et parfois moins coûteux à l’achat (en ne considérant pas les coûts liés à la gestion des déchets ni la raréfaction des métaux)

Quantité estimée

👉 250 à 300 tonnes/an, rien que pour la France.

Que deviennent-ils ?

Deux cas de figure :

  • OPCT (ex. lame de scalpel) : > DASRI > incinération > perte de matière
  • Non OPCT mais contaminé : > décontamination possible > reclassification en déchet non dangereux > recyclage et remise dans le circuit pour devenir un nouvel objet.

La décontamination hospitalière est une compétence existante, portée par les équipes d’hygiène et de stérilisation. Elle permet de rendre ces déchets métalliques recyclables en les déclarant inertes.

Peut-on aller plus loin ?

Réduire à la source et passer au multi-usage : Certains fabricants proposent désormais des lames de laryngoscope ou bistouris électriques réutilisables.

Évaluer globalement : Le cycle de stérilisation (eau, énergie, produits chimiques) a un impact, mais reste souvent moins lourd que l’usage unique (fabrication, transport, traitement en fin de vie). Cela se fait au cas par cas, et certaines sociétés savantes comme la SFAR ont déjà sorti des recommandations  sur le sujet. (exemple : Lame de laryngoscope)

Et si on repensait l’acte ?
Le soin le plus écoresponsable est celui qui n’est pas pratiqué quand il n’est pas nécessaire. La juste indication opératoire reste le premier levier de réduction des déchets.

3. Les implants défectueux ou déstérilisés

Origine

En chirurgie orthopédique notamment, des implants peuvent devenir inutilisables (non conformes, stérilisation rompue…).

Recyclage

  • Ces implants, généralement en titane ou inox, sont hautement recyclables
  • La traçabilité réglementaire impose de garder une gestion spécifique mais des filières dédiées existent déjà, y compris via le retour au fabricant

Peut-on aller plus loin ?

  • Travailler avec des fabricants engagés qui reprennent les éfectueux ou déstérilisés
  • Éviter les surstocks
  • Intégrer la récupération des matériaux précieux dans les appels d’offre

Conclusion & appel à l’action

La gestion des déchets métalliques au bloc opératoire est à la croisée des enjeux réglementaires, environnementaux et économiques.

Il est temps de repenser nos pratiques, non pas pour revenir en arrière, mais pour les inscrire dans une démarche durable, responsable et sécurisée.

Vous souhaitez :

  • mettre en place un programme de tri ?
  • explorer les alternatives réutilisables ?
  • mieux connaître les filières existantes ?

👉 Contactez From The Bloc pour un accompagnement personnalisé, fondé sur une expertise terrain et une approche circulaire du soin.

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