
Tous les mois, nous vous proposons un article pour mettre en lumière les déchets générés au bloc opératoire.
D’où viennent-ils ? Que deviennent-ils ? Quel est le cadre réglementaire, à la fois environnemental et spécifique au secteur sanitaire ?
Nous avons mené l’enquête, et nous vous dévoilons ici nos observations sur la maturité des filières de traitement, la faisabilité opérationnelle de leur mise en œuvre, et nos propositions concrètes basées sur les principes de l’économie circulaire : réduire, réutiliser, recycler.
Épisode 3 : Les emballages propres
Introduction
Un bloc opératoire consomme une quantité impressionnante de dispositifs médicaux stériles. Et qui dit stérile dit emballages, et sur-emballages : papier médical, films plastiques, blisters, cartons, protections multiples…
Chaque intervention génère ainsi un flux d’emballages « propres », c’est-à-dire non contaminés et qui n’est pas en contact avec ni avec un médicament ni avec le ou la patient.e. Mais ces déchets, nécessaires pour assurer la sécurité du patient, sont volumineux et trop souvent mis dans une filière d’incinération (la fameuse poubelle noire) alors qu’ils ne sont pas si loin d’une filière qui marche pour les emballages ménagers.
Cadre réglementaire
Aujourd’hui, grâce à la clarification du guide DASRI issu en juillet 2025, ces emballages rejoignent la catégorie des Déchets d’Activités Economiques autres que DASRI, DRCT et DRR. Ce sont donc des déchets non dangereux et tombent dans le cadre reglementaire de La loi AGEC qui impose le tri de 9-flux (voir articles précédents). Ces emballages sont propres, donc pas de risque infectieux, et en plastique, papier ou carton, ils devraient donc être triés pour être valorisés mais l’application en bloc reste limitée.
!!Bonne nouvelle, en 2026!! la Responsabilité Élargie du Producteur (REP) pour les emballages professionnels va redistribuer les cartes. Concrètement :
- les fabricants et distributeurs devront contribuer au financement de la collecte et du recyclage,
- les établissements de santé pourraient bénéficier de dispositifs de reprise et de solutions de tri renforcées, ou avec des coûts amoindris
👉 C’est une opportunité à saisir pour mieux organiser les flux… mais aussi un risque si la filière n’est pas pensée avec les spécificités hospitalières. C’est pour ça que From the Bloc travaille avec les Eco organismes se positionnant sur cette REP (cf Article CITEO PRO).
Origine et pistes de gestion
1. Cartons et papiers
Origine : Conditionnements secondaires (notices, calages papier, cartonnette).
Le carton marron/épais est interdit au bloc, dans la plupart des cas le décartonnage se fait par la pharmacie, et le tri de cette matière est en place.
Solution
Le tri carton/papier devrait déjà être en place dans votre établissement (cf loi AGEC tri 9 flux), et il est possible à mettre en place en sortie de bloc avec des contenants et un affichage adapté, car il est facile de distinguer les matériaux.
2. Plastiques
Origine : blisters, films plastiques, sachets de conditionnement stérile.
Problème : flux fragmenté, diversité des types de plastiques, volumes hétérogènes.
Expérimentations : certaines initiatives visent à séparer les plastiques par type (PE, PP, etc.).
Notre point de vue : ces démarches, bien qu’intéressantes en laboratoire, sont peu viables à grande échelle dans le système de santé.
Pourquoi ? Parce que le gisement est trop complexe et dispersé pour justifier une logistique lourde et pesante pour les soignants.
👉 Plutôt que d’imaginer un tri maximaliste dans les hôpitaux, il est plus réaliste de s’appuyer sur les filières de surtri existantes des déchets ménagers, déjà capables d’absorber une diversité de plastiques. À condition, bien sûr, d’organiser en amont une collecte propre et homogène.
Et bonne nouvelle, a priori, grâce à la REP des emballages professionnels ces filières de tri d’emballages propres permettra de financer (en partie) la mise en place et la collecte. Nous vous tiendrons au courant!
Peut-on aller plus loin ?
Attention, le recyclage du plastique est aujourd’hui encore massivement critiqué en témoigne cet article du CNRS (ici). Nous rêvons d’un monde sans plastique! Mais en attendant, face à cette diversité d’emballages, il serait illusoire de viser d’emblée le « zéro plastique ».
Nous proposons une approche progressive :
Anticiper la REP : intégrer dès aujourd’hui cette exigence dans les appels d’offre, demander aux fournisseurs comment ils comptent reprendre ou valoriser les emballages qu’ils mettent sur le marché.
Commencer par le plus simple : mettre en place le tri séparé des cartons et papiers, avec des contenants identifiés et accessibles en sortie de salle. Et le mettre avec la filière carton déjà en place
Organiser un flux unique pour les plastiques propres, sans distinction de type, en partenariat avec les opérateurs capables de les diriger vers des centres de surtri.
Réduire à la source, en travaillant avec la stérilisation, pour passer quand cela est possible au réutilisable, en l’integrant aux boites restérilisable pour éviter de créer du déchet
👉 Contactez From The Bloc pour un accompagnement opérationnel et engagé.

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