Les emballages propres
Papier médical, films plastiques, blisters, cartons… Des emballages non contaminés trop souvent incinérés, alors que des filières de valorisation existent. Et la REP 2026 va redistribuer les cartes.
Tous les mois, nous vous proposons un article pour mettre en lumière les déchets générés au bloc opératoire. D’où viennent-ils ? Que deviennent-ils ? Quel est le cadre réglementaire, à la fois environnemental et spécifique au secteur sanitaire ?
Nous avons mené l’enquête, et nous vous dévoilons ici nos observations sur la maturité des filières de traitement, la faisabilité opérationnelle de leur mise en œuvre, et nos propositions concrètes basées sur les principes de l’économie circulaire : réduire, réutiliser, recycler.
Introduction
Un bloc opératoire consomme une quantité impressionnante de dispositifs médicaux stériles. Et qui dit stérile dit emballages, et sur-emballages : papier médical, films plastiques, blisters, cartons, protections multiples…
Chaque intervention génère ainsi un flux d’emballages « propres », c’est-à-dire non contaminés et qui ne sont en contact ni avec un médicament ni avec le ou la patient.e. Mais ces déchets, nécessaires pour assurer la sécurité du patient, sont volumineux et trop souvent mis dans une filière d’incinération alors qu’ils ne sont pas si loin d’une filière qui marche pour les emballages ménagers.
Cadre réglementaire
Aujourd’hui, grâce à la clarification du guide DASRI issu en juillet 2025, ces emballages rejoignent la catégorie des Déchets d’Activités Économiques autres que DASRI, DRCT et DRR. Ce sont donc des déchets non dangereux qui tombent dans le cadre réglementaire de la loi AGEC imposant le tri à 9 flux.
Bonne nouvelle en 2026 ! La Responsabilité Élargie du Producteur (REP) pour les emballages professionnels va redistribuer les cartes. Les fabricants et distributeurs devront contribuer au financement de la collecte et du recyclage.
Origine et pistes de gestion
1. Cartons et papiers
Origine : Conditionnements secondaires (notices, calages papier, cartonnette). Le carton marron/épais est interdit au bloc ; dans la plupart des cas le décartonnage se fait par la pharmacie, et le tri de cette matière est en place.
Solution : Le tri carton/papier devrait déjà être en place dans votre établissement (cf loi AGEC tri 9 flux), et il est possible à mettre en place en sortie de bloc avec des contenants et un affichage adapté.
2. Plastiques
Origine : blisters, films plastiques, sachets de conditionnement stérile. Problème : flux fragmenté, diversité des types de plastiques, volumes hétérogènes.
Notre point de vue : Plutôt que d’imaginer un tri maximaliste dans les hôpitaux, il est plus réaliste de s’appuyer sur les filières de surtri existantes des déchets ménagers, déjà capables d’absorber une diversité de plastiques.
À retenir
- Emballages propres = déchets non dangereux → pas de contrainte DASRI
- Loi AGEC : tri 9 flux obligatoire, dont carton/papier et plastiques
- REP emballages professionnels 2026 : opportunité à anticiper
- Priorité : flux carton d’abord, puis plastiques propres en collecte homogène
Peut-on aller plus loin ?
Nous proposons une approche progressive :
- Anticiper la REP : intégrer dès aujourd’hui cette exigence dans les appels d’offre, demander aux fournisseurs comment ils comptent reprendre ou valoriser les emballages.
- Commencer par le plus simple : mettre en place le tri séparé des cartons et papiers.
- Organiser un flux unique pour les plastiques propres, sans distinction de type, en partenariat avec les opérateurs capables de les diriger vers des centres de surtri.
- Réduire à la source : travailler avec la stérilisation pour passer, quand cela est possible, au réutilisable.
Conclusion & appel à l’action
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